Articles de presseLes infections nosocomiales : l'hôpital est il dangereux ? (La Recherche septembre 2005)
La recherche : n°389 septembre 2005 (p31 à p46)
L’hôpital est-il dangereux ?
Le mois dernier, La Recherche, mensuel sur l’actualité des sciences, titrait :”La vérité sur les infections nosocomiales”.
Qu’apprend-on ?
* les infections contractées lors d’une hospitalisation sont moins fréquentes qu’il y a 10 ans (-27%)
* le risque d’une infection est plus élevé lorsque les soins sont invasifs (chirurgie, réanimation)
* le risque est élevé chez les patients affaiblis, immunodéprimés ou présentant déjà une infection (qui peut se propager lors d’une intervention chirurgicale)
* le risque est plus élevé si les règles d’hygiène de base ne sont pas respectées (lavage des mains des soignants)
* le risque d’infection post opératoire chez un sujet sain est de 0,84 % quelle que soit l’intervention ; ce chiffre varie en fonction de l’intervention (plus important pour une chirurgie digestive qu’une chirurgie osseuse).
Quels sont les germes responsables ?
* les 4 germes les plus fréquents sont Escherichia coli ( colibacille) 22 % des infections nosocomiales, Staphylocoque doré 20 %, Pseudomonas aeruginosa (pyocyanique) 11 % et Enterococcus fecalis 6%.
* dans les infections de site opératoire, les staphylocoques (blanc et doré) sont plus fréquents que le colibacille ou le pyocyanique.
* 20 % de la population porte habituellement du staphylocoque doré dans le nez et 60 % occasionnellement. Ces germes ne sont pas forcément nocifs, mais ils peuvent le devenir dans certaines circonstances comme un acte chirurgical, un sondage urinaire...
Commentaires :
* en chirurgie plastique, le risque d’infection post opératoire est faible car :
- les patients sont en bonne santé
- la peau n’est pas habituellement contaminée (à la différence de la gorge ou du colon)
- les interventions sont assez courtes (moins de 2 heures).
* le risque peut être plus élevé si : - on pose une prothèse mammaire, car les germes se “collent” sur l’implant et ne sont plus accessibles aux antibiotiques
- la peau est malade (tabagisme, radiothérapie, infection)
Comment faisons nous pour limiter les risques ?
- au niveau du chirurgien : respect des règles d’hygiène de base (temps de lavage des mains, double paire de gants, changement du masque toutes les deux heures, manipulation atraumatique des tissus vivants, antibioprophylaxie).
- au niveau de la clinique : respect des circuits de linge “sale” et “propre”, hygiène des sols et des surfaces, formation du personnel soignant, matériel à usage unique, présence d’un comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN), traçabilité des procédures de stérilisation du matériel.
- au niveau du patient : douche antiseptique la veille et le matin de l’intervention, dépilation, hygiène bucco-dentaire et des ongles. Pour en savoir plus, voir le site du ministère de la santé sur les infections nosocomiales (très bien fait pour une connaissance de base sur le problème et les moyens de lutte) |